Jardinage

Planter des tomates : la règle 60/60, mais pas pour toutes les variétés

Éléonore Delmas-Leroy 7 min de lecture
Planter des tomates : distance 60/60 au potager

Pour planter des tomates à la bonne distance, retenez d’abord la règle simple de 60 cm entre deux pieds et 60 cm entre deux rangs. Cet espacement convient à la plupart des tomates tuteurées en pleine terre. Il faut toutefois l’élargir pour les plants très vigoureux, les tomates buissonnantes ou un potager humide, puis l’adapter sous serre et en bac.

La distance de plantation à retenir selon votre situation

Deux mesures ne doivent pas être confondues : l’espacement sur le rang, entre deux plants placés sur une même ligne, et la distance entre les rangs. La première limite le chevauchement des feuillages. La seconde facilite l’accès aux plants, favorise la lumière et améliore la circulation de l’air.

Calculateur de plants de tomates

Note : Ce résultat est théorique. Veuillez l’adapter selon le port des variétés (déterminé/indéterminé), la largeur des allées nécessaires à la circulation et la possibilité d’une plantation en quinconce pour optimiser l’espace.

Type de tomate et conduite Distance entre les pieds Distance entre les rangs
Tomate classique, tuteurée sur une tige, en pleine terre 50 à 60 cm 60 cm
Tomate conduite sur deux tiges 60 à 70 cm 70 cm
Tomate cerise vigoureuse 60 à 70 cm 70 cm
Tomate greffée 70 cm ou davantage 70 à 80 cm
Tomate buissonnante non taillée ou non tuteurée 80 cm à 1 m 80 cm à 1 m
Culture sous serre bien ventilée 40 à 70 cm selon la variété 60 à 70 cm

La règle 60/60 est donc une base fiable, pas une obligation dans toutes les situations. Si vous hésitez entre deux distances, choisissez la plus large lorsque le sol est riche, que les plants sont greffés ou que les étés sont pluvieux. Les quelques centimètres gagnés au départ peuvent ensuite se traduire par davantage de taille, d’attaches et de surveillance.

Pourquoi des tomates trop serrées donnent plus de problèmes

Une tomate aime le soleil, mais son feuillage doit aussi sécher rapidement après la pluie, la rosée ou un arrosage maladroit. Lorsque les plants sont trop proches, l’air circule mal au centre de la végétation. L’humidité y reste plus longtemps, ce qui favorise le mildiou, le botrytis et d’autres maladies cryptogamiques.

Infographie sur la distance pour planter tomates entre les pieds et les rangs
Infographie sur la distance pour planter tomates entre les pieds et les rangs

L’espace ne sert pas seulement à faire passer le jardinier

Un plant bien espacé reçoit plus régulièrement la lumière et concurrence moins ses voisins pour l’eau et les nutriments. Il est aussi plus facile de repérer une feuille tachée, de retirer une partie atteinte, d’attacher une tige au tuteur ou de récolter sans casser une branche chargée de fruits. Une allée accessible limite le piétinement du sol autour des racines.

La disposition doit également tenir compte de la hauteur des plants. Placez les variétés les plus hautes au nord et les plus compactes au sud pour limiter les zones d’ombre. Cette organisation en fonction du volume des feuillages est souvent plus utile qu’un quadrillage calculé au centimètre près.

Réduire la distance demande une contrepartie

Planter à 40 ou 50 cm peut fonctionner pour des plants palissés, conduits sur une tige et suivis régulièrement, notamment sous serre. Cette densité impose une taille cohérente, des attaches souples posées au fur et à mesure, un arrosage au pied et une ventilation attentive. Sans ces conditions, resserrer les tomates augmente la pression sanitaire sans améliorer forcément la récolte.

Adapter l’espacement à la variété, au climat et au lieu de culture

Tomates à port indéterminé, cerises et plants greffés

Les tomates à port indéterminé continuent de pousser et de produire tant que les conditions leur conviennent. Elles demandent un tuteurage solide et prennent davantage de place lorsqu’elles sont conduites sur deux tiges. Les tomates cerises, souvent très ramifiées, réclament elles aussi de l’ampleur : prévoyez plutôt 60 à 70 cm. Pour les plants greffés, partez sur 70 cm et augmentez encore cette distance si le sol est fertile ou si la végétation devient très vigoureuse.

Tomates naines et buissonnantes : deux cas opposés

Une tomate naine cultivée en pot ou dans un bac reste compacte. Elle ne doit pas être confondue avec une tomate buissonnante. Cette dernière a un port déterminé, forme naturellement une touffe large et se taille peu ou pas. Si elle n’est pas tuteurée, elle peut atteindre 1 m d’envergure : laissez jusqu’à 1 m entre les pieds pour éviter que les fruits reposent sur le sol et que le feuillage forme une masse humide.

Pleine terre, serre, pot et balcon

En pleine terre, 50 à 60 cm entre les plants reste le repère courant. Sous serre, certains plants peuvent être rapprochés à 40 cm, mais seulement avec une aération quotidienne et une conduite verticale. Pour les tomates cerises sous serre, 70 cm apporte davantage de sécurité ; 50 cm peut convenir à des variétés moins encombrantes. En pot, la question de l’interrang ne se pose pas : installez un seul plant par contenant d’au moins 30 cm de diamètre, avec un tuteur et un drainage efficace.

Organiser une planche de tomates sans perdre de place

Une planche de culture de 80 cm à 1 m de large est pratique : elle permet de travailler depuis les côtés sans marcher dans la terre. Sur 80 cm de largeur, plantez généralement un seul rang central de tomates vigoureuses, ou deux rangs en quinconce pour des plants conduits sur une tige. Le quinconce répartit mieux les feuillages tout en conservant la distance nécessaire entre les pieds.

Pour estimer le nombre de plants, divisez la longueur utile du rang par l’espacement choisi. Une planche de 3 m accueille ainsi cinq plants espacés de 60 cm, en gardant une petite marge aux extrémités. Si vous créez deux rangs, conservez une allée extérieure confortable. Pouvoir tourner autour de la planche facilite l’entretien et vaut souvent mieux que gagner un plant supplémentaire.

  • Tracez les rangs avec un cordeau avant de creuser.
  • Mesurez la distance à partir du centre de chaque trou, et non du bord des feuilles.
  • Creusez des trous d’au moins 20 cm de profondeur.
  • Placez le tuteur avant ou au moment de planter pour ne pas blesser les racines ensuite.
  • Plantez profondément, éventuellement de façon légèrement couchée, jusqu’aux premières feuilles.
  • Formez une cuvette, arrosez au pied, puis paillez avec de la paille, des feuilles mortes ou des tontes séchées.

Réussir la reprise après avoir respecté les bonnes distances

Ne plantez dehors qu’après les dernières gelées, souvent autour du 10 au 15 mai. Les plants prêts à rejoindre le potager mesurent généralement 12 à 15 cm et portent 5 à 7 vraies feuilles. Réservez-leur un emplacement recevant 6 à 8 heures de soleil par jour, dans un sol enrichi en matière organique et suffisamment drainé.

Après la plantation, arrosez copieusement sans mouiller le feuillage, puis espacez progressivement les apports pour encourager les racines à descendre. Un paillage conserve l’humidité du sol et limite les écarts entre sécheresse et excès d’eau, qui favorisent notamment le cul noir. Attachez régulièrement les tiges, surveillez l’apparition des gourmands selon le mode de conduite choisi et aérez largement une serre tunnel.

Évitez enfin de replacer les tomates au même endroit chaque année et éloignez-les autant que possible des autres Solanacées. Cette rotation, associée à une plantation aérée, fait partie des gestes les plus simples pour limiter les maladies et garder des plants faciles à suivre jusqu’à la récolte.

Éléonore Delmas-Leroy
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